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L’inaccessible étoile de Mr loyal

Nature François - Conseiller en séjour et Mr loyal Par François - Conseiller en séjour et Mr loyal, le 19 mars 2014

Belle avec ses yeux finement maquillés de noir, racée et rustique, c’est sur sa tête qu’elle porte ses cornes en forme de lyre. Elle a tout pour me plaire… Je me rends donc dans le village du Bourdet, le conservatoire de la race maraîchine. Là où les vaches, dit-on, coulent des jours paisibles. Depuis longtemps je la cherchais. Elle ne s’offre pas facilement au regard, inconnue presque disparue. C’est au détour d’un paysage à proximité du village du Bourdet que se trouve son royaume. Cet endroit porte son nom : "Le sentier de la maraîchine". C’est un parcours en boucle de 1,8 km et de 18 hectares de marais communal.

Je commence ma visite à l’entrée, au pied du panneau, guidé par la "vache Mogette". Des bornes avec jeux sous forme de questionnaire ont été installées près des blocs rocheux. Elles permettent d’effectuer un parcours pédagogique sur la géologie maraîchine où les concepteurs ont pensé à tout. Chaque pas effectué correspond à un million d’années (on traverse les ères géologiques au fur et à mesure qu’on avance). Je me presse, enjambant des millénaires sur chaque barreau tel un Gargantua sur l’immense échelle des temps.

A présent je débouche sur une passerelle bien contemporaine. A ma droite, une borne d’interprétation conte l’histoire de "La légende du carrosse d’argent". Une marquise intrépide se serait aventurée sur les tourbières et aurait été engloutie avec son carrosse et ses chevaux…

Je suis un sentier bordé sur sa partie gauche de diverses espèces de plantes végétales en milieu humide. Sur sa partie droite, d’immenses prairies qui semblent être sans doute idéales pour abriter la belle que je recherche !!! D’ailleurs, je crois apercevoir au loin quelques formes nonchalantes dont l’image déformée par la chaleur humide ondule dans le lointain. A proximité semble se dessiner un palais. Mon cœur s’emballe. Il me reste quelques centaines de mètres à parcourir pour atteindre l’objet de ma quête.

Je continue ma route. A gauche, je remarque la présence d’une tourbière dont l’exploitation s’est interrompue en 1945. C’est la date à laquelle les trains cessèrent d’acheminer les briques de tourbe vers Niort pour réchauffer les habitants ou pour alimenter l’âtre du feu réchauffant les alambics des bouilleurs de cru.

Aujourd’hui, c’est un site protégé qu’il est possible d’observer, au travers d’une fenêtre transparente, à partir d’une plate-forme en bois. Ouf, je ne subirai pas le même sort que la marquise !

Enfin je suis auprès d’elle ou non plutôt d’elles ! Au pré, les maraîchines sont plusieurs près de moi. L’une d’elle m’émeut (normal pour une vache). Je m’embrouille près de son palais, heu non, son hangar, qui lui sert d’abri les nuits sans étoiles.

Je m’installe donc là, près de ma belle, sous un hêtre centenaire, la tête reposant sur sa plus imposante racine. Je décide de passer la nuit à la belle étoile auprès de mes "Étoiles". Le ciel a sa voie lactée, et moi, j’ai mes maraîchines

Crédits photos : Darri, Collection Parc interrégional du Marais poitevin

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