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Les Plantagenêt, monarques bâtisseurs

Le Coudray-Salbart et les Plantagenêt

Le château du Coudray-Salbart à EchiréLe château du Coudray-Salbart, un des plus importants châteaux européens du début du XIIIème siècle, est situé à Echiré, à une dizaine de kilomètres au nord de Niort.

Il est bâti avec les subsides de Jean sans Terre, roi d’Angleterre, par Hugues 1er Larchevêque, seigneur de Parthenay, pour surveiller la Sèvre Niortaise et la frontière sud de la Gâtine et est utilisé comme base d’expédition militaire au cœur des luttes entre Capétiens et Plantagenêt.

Une barbacane suivie d’une basse-cour et d’un pont-levis à treuil mène au château qui possède encore six tours intactes différentes (Portal, Bois-Berthier, Double, Saint-Michel, Moulin et Grosse Tour). Elles sont reliées par un couloir (une gaine) éclairé de rares archères.

Le Coudray-Salbart fait l’objet d’importantes fouilles archéologiques, de travaux de restauration et est ouvert une partie de l’année. Lors des "Médiévales" en juillet et en août, la forteresse est mise à l’honneur.

Aliénor d’Aquitaine et Niort

Vue aérienne de NiortNiort entre dans l’Histoire de France avec les Plantagenêt. En 1152, Aliénor d’Aquitaine, duchesse d’Aquitaine et comtesse du Poitou, épouse en secondes noces Henri Plantagenêt, duc de Normandie et comte d’Anjou, qui devient roi d’Angleterre deux ans après, si bien que tout l’Ouest de la France, sauf la Bretagne, est unifié à cette dynastie familiale !

En 1170, au château de Niort, Aliénor présente aux barons poitevins son fils préféré, Richard, élevé au rang de duc d’Aquitaine à 13 ans.

A nouveau à Niort en 1199, la reine atteste les franchises, droits et coutumes de Poitiers et La Rochelle.

En 1203, à 81 ans, Aliénor d’Aquitaine confirme la charte de franche commune de Niort dans la cour du château ou bien à l’abbaye de Fontevraud où elle s’éteint à peine un an après.

Pour la petite histoire, son grand-père, Guillaume le Troubadour aurait en 1086 fait construire à Niort une maison de débauche, en forme de monastère, divisé en cellules et tenue par une abbesse.

Le double donjon roman de Niort :

Un des grands monuments poitevins élevés par les Plantagenêt

Le Donjon de NiortLe donjon remplace à la fin du XIIème siècle un premier château en bois signalé au milieu du Xème siècle. Dès cette époque, Niort est le centre d’une petite circonscription et une place frontière face à l’Aunis (Charente-Maritime) contrôlant l’accès à la mer et à ses salines en pleine exploitation et protégeant également la Sèvre Niortaise (petit fleuve côtier se jetant dans l’Océan Atlantique et navigable jusqu’à Niort).

 

En 1104, ce fortin primitif est incendié par accident ou au cours des luttes entre Guillaume VII, comte du Poitou, et Geoffroy Martel, comte d’Anjou. Quelques temps après, il est reconstruit entièrement en pierre et plus grand par Henri II Plantagenêt et Richard Cœur de Lion. Il devient ainsi un lieu de garnison pour la défense des possessions anglaises contre le roi de France et une base de ravitaillement (vivres et munitions) pour les troupes lors de leurs expéditions dans la région.

Quatre arcs sur mâchicoulis soutiennent la terrasse de la tour sud. Cette technique défensive, utilisée à Niort pour la première fois en Europe occidentale, est une invention orientale qui aurait été importée par Richard Cœur de Lion de retour de croisade. Elle permet de réaliser un tir vertical de divers projectiles : pierres, poix (matière visqueuse à base de résines et de goudrons végétaux), chaux ou sable brûlant.

Cet édifice, qui n’a jamais été pris militairement, est aujourd’hui l’un des plus grands ensembles de donjons romans de France.

Depuis le 15 décembre 2012, il accueille un centre d’interprétation du patrimoine et des expositions temporaires. L’accès à la terrasse nord permet d’apprécier un vaste panorama sur la ville.

Le "Pilori" : une miniature du Donjon

Peinture représentant le "Pilori" de NiortLe deuxième hôtel de ville de Niort est construit au XIVème siècle à la place du pilori (lieu d’exposition des condamnés), puis agrandi au XVIème siècle par Mathurin Berthomé dans le style Première Renaissance dont la décoration est empruntée au château d’Azay-le-Rideau. Le "Pilori" demeure la maison commune des Niortais jusqu’à la Révolution. Aujourd’hui, le Monument historique accueille l’Espace des arts visuels (lieu d’expositions temporaires).

C’est une miniature du Donjon, afin de rappeler que jadis le maire et les échevins (ses conseillers) étaient "écuyers", nommés "sire" et le premier "prenant l'épée" lors des délibérations publiques.

Sur la façade est du beffroi, la plus ancienne représentation du blason de la ville, encadré par deux sauvages recouverts d’une épaisse toison, date de 1392 (tour donjonnée, fleurs de lis - emblèmes de la royauté française). La porte axiale du bâtiment est surmontée des armoiries fantaisistes de Niort inventées au XIXème siècle (tour sommée, sans lys) tenues par deux lions affrontés (armes de Richard Cœur de Lion et symboles de l’affrontement entre le roi chevalier et son père ou ses frères).

L’actuelle maison commune des Niortais

Le 27 avril 1897, 101 coups de canon sont tirés pour accueillir à sa descente du train en gare de Niort le Président de la République Félix Faure venu poser la première pierre de l’Hôtel de Ville qui sera construit en quatre ans par le niortais Georges Lasseron dans le style néo-renaissance. Déclinaison de la mairie de Paris, le palais républicain correspond à l’esprit haussmannien du Second Empire de par sa situation de monument-cible implanté en fond de perspective d’une voie importante (représentation symbolique du pouvoir). En outre, dans le cahier des charges, il est notifié que son campanile doit cacher le clocher de l’église Notre-Dame visible de la rue Royale (aujourd’hui rue Thiers) afin de marquer la suprématie de la République sur la religion.

Dans l’aile droite, la salle du conseil municipal est meublée de sièges en noyer aux armes de la ville fabriqués par l’ébéniste Baptiste Marot et dotée d’une tribune publique, unique dans la région.

La fresque historique de la salle du conseil municipal de NiortUne fresque historique de 1901 de Charles Fouqueray, peintre d’histoire et de la Marine né au Mans, illustre la confirmation de la charte de franche commune de Niort par Aliénor d’Aquitaine. La reine est figurée jeune, alors qu’en 1203, elle avait plus de 80 ans. Les échevins sont représentés sous les traits des conseillers municipaux de 1901. Debout, la reine tend le document à un homme agenouillé, geste de soumission fréquent au Moyen Age. Niort devient ainsi une des premières communes de France. La peinture est une photographie de la société médiévale : ceux qui combattent (les nobles, les militaires), ceux qui prient (présence d’un évêque derrière la reine, tenant un bâton épiscopal à proximité d’un crucifix ; d’un moine et d’une religieuse), ceux qui travaillent (les habitants de la commune). La scène se déroule à l’intérieur d’une grande salle carrelée et voûtée. S’agit-il de l’abbaye royale de Fontevraud ? En arrière-plan, sont représentés le premier donjon en bois brûlé en 1104, une tour et un cloître. L’inscription en lettres romano-gothiques sur la banderole explique la scène. La signature de l’artiste est accompagnée d’une ancre de marine.

 

 

 

 

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69 exposants et 8 invités dont l'auteur de BD Jean-Philippe Pogut, le maître japonais Senju Einoji (musicien shamisen) et le grand maître de nihon buyô (danse traditionnelle japonaise), le samedi 1er juillet, de 10h à 19h et le dimanche 2, de 10h à 18h. 5€ l'entrée 1 jour / 8€ le pass 2 jours.
Programme détaillé : cf fichier rattaché.
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