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Balade patrimoniale automnale à Coulon : levez le nez !

Famille Frédéric - assistant base de données et TIC Par Frédéric - assistant base de données et TIC, le 09 novembre 2018

La semaine dernière, je vous invitais à musarder à Niort, à découvrir que l’art est dans la rue où des sculptures à ciel ouvert s’exposent et à devenir ainsi fin connaisseur de ses petits trésors urbains. Ce tour du centre historique était même accompagné d’un quizz afin d’attiser votre curiosité. En voici les réponses pour ceux qui ont joué le jeu :

1) b. Un éléphant ; 2) Environ 15 tonnes ; 3) Le bonnet phrygien ; 4) b. Elles s’inspirent du style de l’architecte Victor Baltard, auteur des anciennes halles de Paris ; 5) Ce vin local, longtemps le plus célèbre du département, était consommé à la cour de François 1er et d’Henri IV. François Rabelais s’en régalait ! ; 6) a/3, b/4, c/2 et d/1 ; 7) Allonneau ; 8) Calebasse ; 9) Le chien et 10) La statue de la Liberté.

Aujourd’hui, je consacre cet article à Coulon, capitale de la Venise Verte et Petite Cité de Caractère.

Pour commencer, rendez-vous est donné au barrage-écluse de la Sotterie sis 328 route des Bords de Sèvre, après la maison aux volets rouges, en direction d’Arçais.
Il est composé de deux types d’ouvrages hydrauliques rénovés en 2006 : un en vert géré par le service de la navigation de la DDE qui veille au niveau de la Sèvre Niortaise et un en bleu appartenant à l’Union des Marais Mouillés qui régit les réseaux adjacents (rigoles et conches).
L’écluse à sas, équipement symbolique du réseau hydraulique, est aménagée entre deux plans d’eau de niveau différent pour permettre aux embarcations de passer de l’un à l’autre grâce à la manœuvre d’éléments mobiles (portes et vannes). Elle fonctionne sur le principe des vases communicants.

Le fonctionnement d'une écluse à sas

1) Quel est selon vous le nom commun du « sas » d’une écluse ? La réponse est cachée dans la grille suivante. A vous de la découvrir.

Rejoignez à présent le quai Louis Tardy en passant par l’aire de l’Autremont, puis les bords de Sèvre.
Aménagé au début du XIXème siècle sur 600 m. le long du grand cours de la Sèvre, la « rue principale de Coulon » servaient pour l’accostage des gabares venant de Marans et apportant les denrées du secteur maritime. En 1840, on enregistre 2668 barques qui transportent bois, tuiles, grain, vin, fourrages et charbon. Sous le Second Empire, le relais est pris par le chemin de fer. En 1868, le quai est pavé et entrecoupé de cales et de deux lavoirs.
Il porte le nom de Louis Tardy né à Coulon en 1875 et premier président de la fédération nationale du Crédit Agricole dont il est l’un des fondateurs en 1945.

2) En plus d’avoir été la cheville ouvrière de la banque verte, quelle autre fonction occupera-t-il à Coulon jusqu’à sa mort ? Supprimez les x et les y afin qu’elle se révèle !

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Maintenant, la place de la Coutume, réaménagée en 2010 et décorée d’une libellule géante de plus de 2 m. d’envergure, s’offre à vous !
Coulon était le troisième plus important port du bassin de la Sèvre Niortaise, après Marans et Niort ; l’entrepôt des échanges entre la Saintonge, l’Aunis et le Poitou où transitaient blés, sel, peaux, vins, eaux-de-vie et bois. En 1869, la grande navigation est composée de 5 ou 6 navires, une industrie supplantée par le fer, les ponts et la route de Coulon à La Garette. Puis, un nouveau commerce s’ouvre avec les foires. 
Afin de financer l’entretien des voies d’eau, le percepteur seigneurial y prélevait jusqu’au XVIIIème siècle la « Coutume de Sèvre », un droit de navigation pour le transport de marchandises. Depuis la fin du XVIème siècle, la taxe était payée à la maison-auberge de la Coutume, de nos jours occupée par le Centre social et culturel du Marais.

3) A votre avis, qu’est-ce qui réjouit le seigneur riverain ? La réponse se cache dans cette devinette :

Il faut compter celle de la journée.
Celle du succès est recherchée.
Il faut scrupuleusement la suivre pour la réussir et se régaler.
Qui est-elle ?

Quittez les lieux en empruntant la ruelle qui longe la Maison du Marais Poitevin pour déboucher place de l’Ecu où le seigneur battait monnaie sous l’Ancien Régime, d’où son nom.
En admirant la belle fenêtre à meneau de style Première Renaissance du logis des Bouton, vous remarquerez au-dessus un certain nombre de boulins correspondant au pigeonnier. Le volatile était élevé pour sa viande en cas de pénurie et ses fientes, la colombine, servaient d’engrais pour le maraichage.

4) En sachant qu’un trou de boulin équivaut à un arpent et que cette ancienne unité de mesure vaut 0,42 hectare, quelle était la superficie totale de terres cultivables du domaine ?

Direction le centre-bourg et plus particulièrement l’église Sainte-Trinité qui mérite un crochet !
Le village love tout contre son cœur une charmante église « trapue » et « paysanne » bâtie en 830, peut-être en bois à l’origine, sur une plateforme composée de sable et de graviers, entre la Sèvre Niortaise et la Dive, à un mètre au-dessus de l’eau. Elle est placée sous le vocable de Saint-Sauveur par l’abbé de Charroux (Vienne). Souvent pillée par les Normands, elle est reconstruite au XIème siècle. Entre 1154 et 1211, le sanctuaire est rattaché à l’abbaye de Nieul-sur-l’Autise (Vendée) et est dédicacé à la Sainte-Trinité.
L’église est reconstruite en partie au XVème siècle (nef sud et porte latérale). Au XIXème siècle, l'architecte niortais Pierre-Théophile Segrétain entreprend des travaux dans un « style composite poitevin » : roman pour le sanctuaire au chevet plat et gothique pour la triple nef dans le goût du collatéral sud datant du XVème siècle. Ce puzzle architectural est classé en 1992 Monument historique.
Dans les temps anciens, un oratoire extérieur est élevé pour permettre aux Maraîchins d’assister à l’office sans descendre de barque, à l’époque où le bourg était entaillé de canaux. En fait, il s’agit d’une pure invention journalistique colportée au moment de l’ouverture du syndicat d’initiatives en 1950. Le pseudo-prêchoir est tout simplement une tour à auvent remplaçant une échelle amovible qui était accrochée à l’édifice pour pouvoir sonner le tocsin sans pénétrer dans l’église. Peu pratique et risquant de causer des accidents, elle est substituée par la tour d’escalier dont la partie supérieure était, avant 1733, accessible par une échelle, car il manquait 13 marches !
Une bande noire est peinte au XVIIIème siècle, sous le ballet, lors du décès de Marie-Charlotte de Belleville, mère du seigneur de Coulon, Jean-Gabriel Simon Berthelin de Montbrun. Jusqu’en 1776, les seigneurs hauts-justiciers avaient le droit d’être inhumés dans les églises. _ _  _ _ _ _ _  _ _ _ _ _ _ _ _ _ rappelle ce droit de deuil. Elle figure les armoiries de plusieurs familles apparentées : les de Belleville, de la Rochebrochard, de Lusignan de Saint-Gelais, de Berthelin et du Breuil.

5) Devinez le nom de la bande noire qui évoque le droit d’inhumation dans l’église accordé au seigneur de Coulon ? ka kithm funmhaihm

k = l, h = r et m = e

Votre périple s’achève rue du Four, un axe non frappé d’alignement reliant les habitations de la partie nord à la place de l’Eglise, un « arrière bourg » où s’entassait une population pauvre. Sur la place éponyme était établie un four banal qui obligeait les habitants jusqu’à la Révolution française d’y faire cuire leur pain moyennant une redevance seigneuriale.
Au n°19 est conservé une maison rurale de « 1769 », ancien atelier d’un sabotier où s’est déclaré un incendie le 18 juin 1801, provoqué par l’imprudence de Louis Tapin ayant allumé un feu pour faire sécher les sabots qu’il venait de creuser et attisé par un vent fort et un temps sec qui durait depuis une dizaine de jours. Le brasier, maîtrisé au milieu de la nuit suivante, détruisit 14 maisons, 4 granges, 7 écuries, 14 loges et hangars en majorité couverts de roseaux, mais fort heureusement sans faire de victime humaine.
Pierre Vergnon, décédé en 1970, fut, rue de la Gastinerie, le dernier sabotier de renom de Coulon. Il était aussi coiffeur, puis garde-champêtre à la suite de Pascal Robier. Dans les années 1950, le détaillant de Niort ou la clientèle de La Rochelle venaient s’approvisionner en sabots que Vergnon fabriquait à l’aide d’une machine achetée en 1932.

6) Quel est le point commun entre le métier de sabotier et de coiffeur ?

Enfin, revenez vers le quai Louis Tardy afin de prolonger votre balade le long du fleuve : une belle opportunité aussi pour vous raconter l’histoire de la passerelle réclamée en 1869 par les riverains souhaitant éviter ainsi le détour par le grand pont ou l’emprunt du bateau pour rejoindre l’autre berge. Leur vœu ne sera exaucé que plus de 10 ans après, suite à la noyade du jeune Louis-Charles-Camille Mussat, fils d’un marchand de bois demeurant à Magné, survenue le 2 août 1878, alors qu’il traversait en barque la rivière, après sa journée de travail. Devant l’émotion suscitée par ce drame, une souscription est ouverte pour la construction d’une passerelle métallique, puis une subvention de 650 francs est demandée à la Commission Départementale. En 1880, une nouvelle demande de secours est sollicitée par l’agent voyer d’arrondissement afin de combler le déficit. Des journées volontaires sont organisées auprès des Coulonnais pour le transport de bois, pierres et fers ; le battage des pierres et la pose du tablier. Une subvention de 578,32 francs est à nouveau déposée à la Commission Départementale pour solder les travaux. De ce projet collectif naît la fête dite de « La Passerelle » qui perdure plusieurs années, le 3ème dimanche d’août. En 1962, menaçant de s’effondrer, elle est remplacée, avec la participation des communes de Coulon et de Magné, par une autre en béton précontraint sans piles intermédiaires, l’ancien tablier servant de coffrage.

Avant de regagner vos pénates, je vous invite également à mettre en boite le blason familial des Bouton-Béchet ornant la façade méridionale de la boutique de la Maison du Marais Poitevin, au-dessus des fenêtres de l’étage.
En 1450, Louise, fille de Hugues de Peyré (nom d’un fief noble de Coulon), est mariée à Péan Bouton, seigneur de la Baugissière (paroisse de Saint-Michel-Le-Cloucq, en Vendée). En 1484, Briand, leur fils, épouse Françoise Béchet. Leurs armoiries, trônant sur l’ancienne maison du halage dite de l’écu aussi, rappellent leur union : « au premier, d’argent à trois roses de gueule boutonnées d’or posées deux-un (pour les Bouton) ; au deuxième parti, d’azur au lion d’or (pour les Béchet) ».

Vos réponses aux énigmes sont à déposer en bas de page, dans « Commentaires ». En espérant que ce tour de village et son quizz historique ont égayé votre soif de connaissance !

Nous vous invitons à découvrir sur nos réseaux sociaux (Facebook et Twitter) les réponses aux énigmes, une par jour, du lundi 12 au samedi 17 novembre.

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