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Balade patrimoniale automnale à Niort : levez le nez !

Famille Frédéric - assistant base de données et TIC Par Frédéric - assistant base de données et TIC, le 02 novembre 2018

L’automne n’est-il pas le « printemps de l’hiver » ? Profitez alors d’un brin de soleil pour mettre le nez dehors en participant à la balade-découverte concoctée par l’Office de Tourisme. Un seul mot d’ordre : levez le nez !
Cette visite thématique, qui pourrait s’appeler « Les sculptures insolites et cachées de Niort », est une invitation à découvrir dans les rues familières du centre-ville, sur le fronton d’une façade, d’une porte ou sur le parvis d’un bâtiment public, des sculptures, anciennes ou modernes, imposantes ou discrètes, racontant une histoire : celle d’un monument ou d’un événement.

Pour commencer, rendez-vous est donné sur l’esplanade piétonne de l’hôtel administratif municipal bâti de 1997 à 2001 par Jean-François Milou et baptisé « l’Espace Niortais ». Situé à gauche de l’Hôtel de Ville, il est composé de deux corps de bâtiment reliés par un vélum en verre. Sa construction a intégré toute une campagne de restauration des monuments et des maisons périphériques.
Une sculpture de 19 cm de haut représentant un dieu hindou est incrustée dans sa maçonnerie, assez près du sol, pour que les enfants puissent la voir et la toucher. En effet, en 1999, l’architecte fait un voyage en Inde pour assister comme consultant à une réunion de travail. Dans ses bagages, il emmène une pierre de Lavoux (Vienne) de 15 kg qui en trois jours se transforme sous les doigts agiles d’un sculpteur indien en Ganesha, « seigneur des obstacles » vénéré dans toute l’Inde. Ce haut-relief est en quelque sorte la « signature » discrète du maître d’œuvre.

1) A votre avis, quel animal figure la petite sculpture ?
a - un tapir
b - un éléphant
c - un fourmilier.

Juste à côté, se dresse « Ni bois de ronce, ni or, bronze pour Niort », une œuvre d’art contemporaine créée par le suédois Erik Dietman (1937-2002) sur le thème « Guerre et Paix, passage d’un siècle ».
Inaugurée en janvier 2001, cette sculpture monumentale représente un arbre étriqué et fantomatique, en bronze d’une tonne, planté dans un rocher de granit. Composée d’objets hétéroclites détournés en lien avec le thème de l’eau (bouteille, robinet, arrosoir, poissons), elle est « le résultat d’une méditation sur le thème du paysage, de l’arbre et de sa transfiguration par la joie, la peur ou la mélancolie et implicitement par la paix et la guerre ».
En octobre 2002, la corde du pendu est sciemment sciée. C’est l’ouvrage du Front niortais de libération de la culture (FNLC) qui pense que ce « bronze » est banal et minimaliste.

2) La monumentalité de l’œuvre s’exprime aussi dans son poids. Combien pèse en tonnes le rocher en granit si une fillette de 17,62 kg fait 851,31 fois son poids ?

Poursuivez votre visite en empruntant la rue de la Préfecture et faites un instant le piquet de grève devant sa grille pour admirer son fronton orné.
Construite de 1828 à 1830 dans le style néo-classique par l’architecte Segrétain, elle remplace un ancien jardin botanique.
De forme polygonale, ce jardin comprenait une glacière, une plantation d’arbres fruitiers, une orangerie, des bains chauds et une école de natation sur les bords de la Sèvre.
Deux nymphes sculptées sur son fronton symbolisent la Sèvre niortaise et nantaise qui ont donné leur nom au département des Deux-Sèvres. Entre les deux femmes, est représentée Marianne, presque effacée.

3) Connaissez-vous le nom de la coiffe qui couvre le chef de l’allégorie de la République ?

Continuez à présent en vous dirigeant à l’oreille vers le tohu-bohu joyeux des halles de type Baltard.
« Cathédrale » de fonte, de verre et d’acier édifiée en 1869, ses attributs sont figurés à l’entrée par deux divinités du panthéon romain.
A droite, la déesse de l’agriculture Cérès, assise sur une corne d’abondance, porte dans sa main gauche une gerbe  de blé. A gauche, le dieu du commerce Mercure, coiffé de son bonnet ailé, tient une bourse dans sa main gauche.

4) Les halles Baltard. Pourquoi ce nom selon vous ?
a - Baltard est une déformation populaire de bâtard, petit pain vendu au marché
b - Elles s’inspirent du style de l’architecte Victor Baltard, auteur des anciennes halles de Paris
c- Elles ont été financées par un généreux donateur dénommé J. Braltard.

Ravigoté, arpentez maintenant le bas de la colline Saint-André.
Le cellier du n°16 de la rue Cloche-Perce est le seul vestige de l’ancien Logis de l’Hercule où le 6 mai 1603, à la veille de la foire Saint-Jean Porte-Latine, la peste noire, maladie contractée par un marchand rochelais, se déclare à l’auberge médiévale à l’enseigne de l’Hercule, près des anciennes halles. L’épidémie, qui dure huit mois, décime plus du tiers de la population.
L’évènement tragique est sculpté à l’angle des rues du Soleil et de la Juiverie, au-dessus de la porte de la Maison des Atlantes, construite en 1874 à l’emplacement des écuries. Le bas-relief représente, entre autres, l’hôtelier qui porte une barbe et tient une bouteille à la main.

5) Par conscience professionnelle, l’aubergiste a goûté à s’en faire trotter la cervelle le vin de La Foye-Monjault vendu jadis en gros sur le marché de Niort, si bien que les lettres de cette information sont inversées… Saurez-vous la recomposer ?

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Remontez la rue du Soleil pour tomber nez à nez avec le « Pilori », ancien lieu d’exposition publique du condamné.
Hôtel de Ville de Niort jusqu’à la Révolution, le « Pilori » est aujourd’hui un lieu d’expositions temporaires. « La forteresse des libertés municipales » est construite au XIVème siècle à l’emplacement du pilori, d’où son nom, puis réédifiée de 1530 à 1535 par l’architecte Mathurin Berthomé dans le style Renaissance en s’inspirant de l’architecture et de la décoration du château d’Azay-le-Rideau.
Au centre de la cité médiévale et sur la colline Saint-André, l’ancien échevinage est une miniature symbolique du Donjon afin de rappeler que jadis les échevins délibéraient en armes.
L’ensemble est restauré à la fin du XIXème siècle.
Le blason communal est représenté au-dessus de la porte d’entrée. Ici, les armes de Niort sont fantaisistes car elles ont été créées au XIXème siècle, alors que les premières armoiries de la ville sont nées au 14ème siècle et ornent toujours la base du beffroi.

6) Reliez les lettres des différentes définitions aux chiffres des éléments composant les armes municipales afin de comprendre les choix de l’héraldiste, spécialiste étudiant les armoiries.

Le blason "fantaisiste" de Niort

a - L’écu représente le bouclier du combattant
b - La tour est sommée d’une autre tour pour rappeler le double donjon de Niort
c - L’écu est timbré d’un heaume de chevalerie cimé de trois plumes d’autruche
d - Les armoiries sont tenues par deux lions affrontés symbolisant Richard Cœur de Lion, comte du Poitou, et ses affrontements contre son père et ses frères.

Filez vite rue Amable Ricard, rebaptisée la « rue des dragons », pour passer au fil de l’épée le monstre du marécage.
Quatre dragons, créés en 1992 par Jacques Hondelatte, ornementent aujourd’hui les rues Ricard et du Temple. En repérage à Niort, l’architecte-plasticien trouve l’idée des tarasques d’une manière originale : « Un jour de pluie, à travers la buée de mes lunettes, j’ai vu des courbes sur le sol… J’ai pensé à un dragon qui rampe dans l’eau ». L'ensemble - constitué de 4 têtes, 728 vertèbres et 4 queues - pèse tout de même 12 tonnes !
« Un dragon, sorti des marais, terrorise les habitants de Niort. Jacques _ _ _ _ _ _ _ _ _, soldat condamné à mort pour désertion, combat le saurien pour le prix de sa liberté. Protégé par une armure d’acier, il plonge son poignard dans la gorge de la bête. Croyant l’animal mort, le guerrier ôte son casque. Subitement, dans un suprême effort, le dragon mord le visage de son ennemi et tous deux meurent en même temps ».
Cette légende locale fait référence, dit-on, aux exactions des Dragons du roi Louis XIV au XVIIème siècle contre les Protestants.

7) Déchiffrez le mot codé pour que ressuscite enfin le nom du héros perdu dans les couloirs du temps !

Le mot codé

Connaissez-vous rue Sainte-Marthe l’enseigne de l’ancienne auberge éponyme ?
Réemployée au-dessus du magasin « Cop.copines », cette enseigne en pierre du XVIIIème siècle est celle de l’ex-hostellerie Sainte-Marthe. Elle représente la sainte patronne des hôteliers assise à côté de Marie tenant l’enfant Jésus. Les deux personnages qui les encadrent sont, à gauche, saint Pierre qui porte les clés et, à droite, saint Jacques, reconnaissable à son long bâton nommé « bourdon » et à sa courge séchée et évidée servant de gourde. La scène est bénie par l’Esprit Saint symbolisé par la colombe placée au-dessus d’eux. Ce bas-relief, restauré par l’association des Amis du Vieux Niort, conserve encore quelques traces de polychromie car, à l’origine, il était peint afin d’être vu de loin.

8) Afin de connaître le nom précis de la gourde en forme de poire attachée au bâton de saint Jacques pèlerin, démêlez cette anagramme : CBLAAEESS

Au 28 rue Saint-Jean, la maison dite du Gouverneur s’offre à qui sait observer !
Inscrite au titre des Monuments historiques, cette maison à colombages, bâtie au XVIème siècle par le maître-maçon Mathurin Berthomé, n’est pas la demeure du gouverneur, mais peut-être sa maison de ville, car celui-ci, représentant légal du roi, vivait dans l’enceinte du château. Au début du XVIIème siècle, elle est occupée par le médecin catholique Philippe Le Goust dont l’avis d’expert est sollicité dans l’affaire de la possession démoniaque du jeune Pierre Creusé à Niort en 1628. Sa cheminée François 1er est vendue par Messieurs Robin, antiquaires à Paris et, en 1877, ses boiseries sculptées à Monsieur Ledoux, antiquaire à Royan.
Admirez sa baie gothique richement ornementée qui, à l’époque, permettait de se montrer ! La fenêtre est coiffée d’un arc en accolade surmonté de feuilles de choux frisés. L’arc est encadré de pilastres formant pinacles. Sous l’arc, un écu dont les armes sont effacées.

9) Avez-vous remarqué les deux animaux identiques au pied de chaque pilastre ? Symbole de fidélité dès le Moyen Age, saurez-vous le reconnaître ?

Pour finir, retournez au point de départ, à l’« Espace Niortais », en faisant au préalable une halte au pavillon Grappelli, ex-école de dessin.
En 1804, Bernard d’Agesci, peintre et sculpteur, crée, dans l’ancien collège de l’Oratoire où il y donne des cours, une école de dessin gratuite qui doit permettre aux enfants des classes laborieuses d’acquérir une formation artistique et de devenir des artisans aptes à réaliser les projets des artistes et des architectes. En 1892, elle emménage dans un nouveau bâtiment, fraîchement construit par l’architecte Lasseron.
En 1952, elle accueille le muséum d’Histoire Naturelle et l’école de musique de la ville. Après restauration, le monument devient en 2001 un magasin de disques, puis le siège du Pôle régional des métiers d’art et depuis 2016, l’Espace d’arts multimédia dédié aux formes artistiques numérisées.
Bien que la première fonction de cet édifice de style éclectique n’y soit plus gravée, on retrouve des témoignages de celle-ci. Le tympan comprend un médaillon central représentant la tête d’Apollon ourlée d’une couronne de rayons du soleil : dieu grec de la Beauté, de la Lumière, des Arts et de la Divination, mais aussi symbole de la liberté républicaine. Les écoinçons du tympan présentent, à gauche, des allégories de la sculpture, de la gravure et de l’architecture (compas, règle, gros marteau du tailleur de pierre, chapiteau ionique, palmes) et, à droite, des allégories de la peinture (palette, pinceaux, vase, médaillon sculpté d’une tête, feuilles de laurier).

10) A votre avis, à quelle autre statue états-unienne ressemble la tête d’Apollon ?

Vos réponses aux énigmes sont à déposer en bas de page, dans « Commentaires ». En espérant que ce tour de ville et son quizz historique ont égayé votre chasse aux petits trésors cachés de Niort !

Nous vous invitons à patienter jusqu’au prochain article de blog à paraître le vendredi 9 novembre afin de découvrir si vous avez réussi à élucider toutes les questions !



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