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L’explorateur René Caillié, le "Marco Polo de l’Afrique"

Curiosité Frédéric - assistant base de données et TIC Par Frédéric - assistant base de données et TIC, le 30 avril 2020

Cette semaine, l'Office de Tourisme vous livre le huitième article d'une longue série de portraits de personnalités du cru ayant marqué de leur empreinte l'histoire locale de notre territoire, voire nationale.
Le personnage, que nous croquons aujourd'hui, s'appelle René Caillié, explorateur et découvreur de Tombouctou la mystérieuse.

Né en 1799 à Mauzé-sur-le-Mignon, ce fils de bagnard s’engage à 17 ans comme domestique à bord de la flûte Loire qui met le cap sur l’Afrique et dont la frégate amirale est La Méduse. Terrassé par la fièvre, il est rapatrié à Lorient. En 1824, il retourne au Sénégal où il vit, pendant un an, avec les Braknas, tribu mauresque, et apprend l’arabe. En 1827, sans garant ni protecteur, il parcourt le Fouta-Djalon, massif montagneux de Guinée.

Pour être accepté dans la caravane, il s’invente une identité (Abd Allah), prétend être né en Egypte, avoir été kidnappé par les soldats de Bonaparte puis élevé en France, avoir suivi son maître au Sénégal qui l’a affranchi et vouloir retourner dans son pays natal via Tombouctou, la mystérieuse cité du désert, qu’il atteint le 20 avril 1828, caché sous des sacs au fond d’une pirogue. Mais, il n’y découvre aucune richesse espérée, la ville en déclin le déçoit par sa tristesse. Ethnobotaniste avant l’heure, il rend compte de tout en se cachant derrière un buisson pour écrire sur de minuscules feuillets dissimulés dans son Coran. Il écrit en français au risque de sa vie, cache ses notes au moindre bruit, puis s’empare de son chapelet pour faire semblant de prier. Le voyage du retour au sein d’une caravane est harassant. Blessé au pied, il attrape le scorbut. Après 1200 km de marche à travers le Sahara, le mendiant du désert est pris en charge par le vice-consul de Tanger. En France, il est honoré et reçoit 10.000 francs promis au premier voyageur européen à revenir vivant de Tombouctou, ville secrète aux confins du désert interdite aux chrétiens, connue avant lui seulement par de vagues récits fantaisistes ! L’enfant de Mauzé, fêté depuis 1842, est célébré chaque année en juin. Son nom est donné à une rue, un pont et le collège.

En 1840, la Société de Statistique des Deux-Sèvres envisage d’ériger un buste en bronze à la gloire de René Caillié. Réalisé par Suc, il est inauguré le 26 juin 1842, quatre ans après sa mort, à proximité de sa maison natale (n°145 de la Grand'Rue), sur l’ancien pont de la Teinture (aujourd’hui pont R. Caillié). Suite à son retentissement populaire, le 23 juillet, par arrêté préfectoral, est instituée le 4ème dimanche de juin une Assemblée ballade : la Fête à Caillié est née !

En 1938, l’année du centenaire de sa mort, l’élévation d’un monument commémoratif est projetée. Le concours est lancé en 1939 par le comité régional René Caillié. En 1941, le marché est signé avec Vinet. Pendant l’Occupation, les pierres sculptées du soubassement sont entreposées en pièces détachées dans le parc du château ; la statue est réalisée ultérieurement dans l’atelier rochelais de l’artiste. La sculpture monumentale est enfin édifiée en 1949.

En 1942, la bande dessinée René Caillié ou le triomphe de la volonté est éditée dans la collection A la Française.

1999 sera l’Année René Caillié. Afin de donner plus d'éclat au bicentenaire de sa naissance, le prix littéraire des écrits de voyage est créé. Au fil des années, il s'est taillé une certaine réputation auprès des éditeurs.

Depuis 2017, sont exposées dans la salle du conseil municipal de la mairie deux grandes photographies de sa maison à Tombouctou prises en 1922 par l’officier méhariste et l’explorateur Louis Audouin-Dubreuil lors de la 1ère traversée du Sahara (Touggourt-Tombouctou) en autochenilles par le Raid Citroën. Ces clichés ont été restaurés grâce au fonds communautaire du patrimoine de Niort Agglo. Pour l’anecdote, une erreur s’est glissée sur la pancarte placée au-dessus de la porte de la maison. Elle indique 1800 comme année de naissance alors que le célèbre mauzéen a vu le jour un an avant !

En 2019, sous le sigle BitBus, maison d’édition de Maguite et Didier Dussard, sort un jeu de plateau, celui de l’oie de 63 cases dédié à René Caillié, de sa naissance à son arrivée à Tombouctou.

L’épitaphe, gravé en partie sur la face sud de sa tombe, résume bien l’exceptionnel caractère volontaire de l’enfant du pays : Au voyageur infatigable, patient et intrépide, à l’observateur attentif et ingénieux, à l’homme persévérant, ferme et stoïque au milieu des périls...

Le bessinois Jean Richard, alias le commissaire Maigret
dans notre prochain numéro !

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