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Les êtres de légende

La naissance du marais mouillé par le géant Gargantua

Il advint que le géant Gargantua, venant de La Rochelle et se dirigeant vers Niort, à la suite d’une beuverie prolongée, se vit contraint de s’arrêter pour évacuer le trop plein de ses libations. Posant son pied droit sur la cathédrale de Luçon, l’autre sur la flèche de l’église Notre-Dame de Niort et se tournant vers l’ouest, il fit le geste libérateur qui, tout en le soulageant, inonda un pays qu’il arrosait ainsi jusqu’à la mer. C’est ainsi que la Venise Verte fut conçu !

La légende du Soldat et du Dragon de Niort

Il est décrit comme un énorme serpent ailé amphibie sévissant aussi bien dans le marais proche et la Sèvre Niortaise que sur la terre ferme. La légende raconte qu’il fut tué par Jacques Allonneau, un soldat déserteur, à qui on promit la grâce s’il parvenait à anéantir le monstre qui désolait tout le pays. Ce courageux militaire parvint à blesser mortellement la serpe en lui enfonçant son glaive dans la gorge. Croyant la bête morte, il ôta le casque de verre qui le protégeait du venin, ce qui entraîna sa perte, car le dragon l’empoisonna dans un dernier souffle de soufre. Ainsi, ils périrent ensemble. La légende fait écho aux dragonnades, nom donné aux persécutions dirigées au XVIIème siècle, sous Louis XIV, contre les communautés protestantes. En effet, ce sont les Dragons, corps d'armée du roi, qui étaient chargés de convertir par la force les huguenots.
En 1992, cette légende locale est illustrée par l'installation de quatre dragons en bronze rue Amable Ricard. En 2011, ils sont déboulonnés pour permettre les travaux de piétonisation de la rue. Afin de matérialiser les entrées du centre-ville, deux têtes sont transférées en 2012 en haut de la rue Ricard et les deux autres rue du Temple.

Mélusine, la fée bâtisseuse du Poitou

Mélusine, divinité celte aux formes serpentes, signifie "merveille" ou "brouillard de la mer". Fée bâtisseuse, elle œuvre au clair de lune jusqu'au chant du coq. Si un curieux la surprend, elle arrête son ouvrage. Il manque de cette façon, par exemple, la dernière pierre de la flèche de l’église Notre-Dame de Niort.

Le Cheval Mallet, animal surnaturel du Poitou

"Mallet" dérive de "malle" à rapprocher de l’expression régionale "porter à la mallette" (sur son dos) ; attesté en 1394 comme un cheval de bois dans lequel s’introduit un homme.
Claude Monet, riche fermier parti de Poitiers au crépuscule, après avoir assisté à une réunion familiale, revient chez lui en se hâtant pour annoncer à sa femme la nouvelle d’un important héritage. Croisant son chemin, un superbe cheval noir*, richement harnaché, vient offrir son échine au voyageur solitaire. Tout à coup, par une nuit sans lune, une course folle aussi vite que le vent s'engage jusqu’à l’aube, naseaux fumant et yeux étincelants éclairant l’horizon. Puis, avant de se transformer en un diable ricaneur, il précipite l’imprudent dans un cours d’eau. Des paysans découvrent le corps inanimé et mutilé du pauvre cavalier ; des traces de sabot à la forme étrange près de la dépouille.
Pour se préserver de cette bête maléfique, le seul salut du voyageur est de porter sur soi la rançon du périple : soit jeter devant lui six pièces de monnaie gravées d’une croix afin de stopper sa monture ou bien un signe de croix, de l'eau bénite, un sou marqué ou la médaille de Saint-Benoît dite "croix des sorciers", l’unique protection vraiment efficace !
Dans la Plaine de Courance, à Prahecq, le lieu-dit "Le Chiron** Mallet" rappelle cette légende.

*"Blanc comme le brouillard" en Vendée.
**Amoncellement de cailloux, témoins de l’épierrage des champs remontant peut-être au XIème siècle, époque où débutent les grands défrichements et l'édification des villes nouvelles en Occident ; lieu maléfique fréquenté par les sorcières.

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