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Saint-Maxire

Saint-Maxire et sa fête des bateaux fleuris

A la jonction de la Gâtine granitique et de la plaine niortaise calcaire, le village aux quatorze hameaux est traversé par trois anciennes voies antiques : la grande route romaine de Bordeaux à Londres ; le chemin vert gaulois de Magné, joignant le bourg à La Chaussée en Charente-Maritime (voie de communication terrestre propice aux échanges commerciaux entre la Gâtine, la Plaine, l’Aunis et l’Océan, par la Sèvre Niortaise et le Marais, durant tout le temps d’activité du port de la Tiffardière et du Sevreau, à Saint-Liguaire) et la voie romaine dite la Bissêtre partant de Rom, franchissant d’est en ouest deux bras de la Sèvre de la bourgade et empruntée par les armées jusqu’en 1622. Saint-Maxire découle certainement du nom déformé de saint Mathias, un des douze apôtres de Jésus remplaçant Judas après sa trahison et sa mort. D’ailleurs, le blason municipal reprend cette hypothèse. Il est composé de onze croissants de lune et d’un douzième surmonté d’un M majuscule. Au Moyen Age, la villa de Saint-Maxire passe du pagus et de la viguerie de Niort dans la châtellenie de Fontenay. Son premier seigneur est Moreau de Magné. Dès son apparition au XVIème siècle, les habitants adhèrent fortement au protestantisme. Quelques années plus tard, le temple, situé à la sortie du bourg, au carrefour des chemins de Bissêtre et de Xaintray, est détruit. A la Toussaint de 1585, après la déroute d’Angers, soucieux d’éviter Niort, 430 hommes des comtes de Laval et de la Boulaye se présentent à Saint-Maxire pour y passer les ponts. Emportés par une crue, ils sont remplacés par des ponts de bois. En 1622, la troupe catholique du lieutenant criminel Pierre Thomas poursuit les soldats du seigneur de Soubise, Benjamin de Rohan, jusqu’aux ponts de la ville. Malgré leur destruction, Soubise est battu. Thomas reçoit en récompense des lettres de noblesse de Louis XIII. Par arrêté du 6 mai 1628, les prêches assurés par les pasteurs de Benet et de Maillezais sont interdits. Le plus grand nombre de protestants sont convertis en 1681. Le 12 mai 1793, lors de la réunion des administrateurs du département, le président Piet-Berton-Chambelle adresse un blâme aux habitants : Ils ont, pour la plupart, la cocarde tricolore dans leur poche et ils n’ont pas encore planté l’arbre de la liberté. Le rappel à l’ordre est presque immédiatement entendu. Le 03 juillet, le 6ème bataillon du Calvados est en garnison à Saint-Maxire pour soutenir l’armée des côtes de La Rochelle commandée par le général Biron. Au début du XIXème siècle, huit moulins à eau tournent à plein régime. Aujourd’hui, les venelles et l’architecture typique de ce bourg poitevin invitent à la flânerie près des lavoirs, moulins, logis et manoirs. 2003 est pour la commune l’année de consécration de la fête des bateaux fleuris recevant le Grand prix d’excellence du maintien de l’art de la fête remis par la Fédération nationale des comités des fêtes de France. La même année, est célébrée la 53ème édition sur le thème du cinéma, soit la mobilisation de 10 bateaux, de 10 à 15.000 fleurs en papier par barque, de 400 bénévoles pour le plaisir des yeux de 6.000 visiteurs.

Curiosités à voir :

  • Le château d'Oriou de la fin du Moyen Age
    (propriété privée remaniée visible de la rue)
  • Le Grand Portail
    (manoir à la haute toiture tenant son nom de sa grande porte d'entrée)
  • La Bobinière dite le Logis
    (maison noble du XVIIème siècle reprise au XIXème siècle)
  • L'ancienne demeure seigneuriale du Colombier
    en partie rebâtie au XVIIème siècle
    (porche monumental et éléments décoratifs Renaissance)
  • La maison noble de Croisette
  • L’escalier monumental de l'ancien château d’Espinasse du XVème siècle
  • L’église Saint-Mathias
  • Les sept moulins à eau
  • Les trois lavoirs restaurés (de la Fontaine, de la Santé et des Habites)
  • Le vestige d’un mégalithe au lieu-dit La pierre qui vire

Le château d’Oriou

Situé au bord d’une boucle de la Sèvre, le château de la fin du Moyen Age est remanié depuis la Renaissance. Il est la propriété au XVIème siècle des Laurens, puis des Berland dont le blason est visible sur la tourelle sud. De 1667 à la première moitié du XIXème siècle, il appartient aux Jourdain de Villiers, puis à M. Laurence et, peu de temps après, est acquis par Clémentin de la Rochebrochard dont le fils le cède au docteur Auguste Tonnet à la fin du XIXème siècle. Sa façade est flanquée de tourelles en encorbellement sur cul-de-lampe et l’attique (partie supérieure) est ajouré d’oculi (oeils de bœuf). La tour d’escalier chevauchant le bâtiment atteste de l’ancienneté du lieu. Un cadran solaire surmonte la porte d’entrée. Propriété privée.

L’église Saint-Mathias

Selon la tradition locale, saint Maxire vit sur les bords de la Sèvre Niortaise. Pour couvrir la fuite des soeurs Macrine, Pezenne et Colombe, il lève son bâton afin que les eaux du fleuve changent de direction et arrêtent les chevaux du chef barbare Salbart. C'est depuis cet évènement que la Sèvre, au lieu de couler vers Villiers-en-Plaine, descend vers Sainte-Pezenne et Niort. En l'an 1000, l'église est donnée par Raoul Beluce, son épouse et son fils Thibaud à l'abbaye Saint-Cyprien de Poitiers. Jusqu'au XIIIème siècle, elle est desservie par les moines du prieuré Saint-Mathias attenant à l'édifice et relevant de l'abbaye bénédictine Saint-Martin de Tours. Avant 1720, la voûte de la travée romane menaçant ruine est démolie et le clocher remplacé par une bretèche. L'église est convertie en magasin à fourrages et écurie pour les chevaux de l'armée de Vendée en 1798. Le monument actuel date du XIXème siècle. Des cercueils en pierre sont découverts lors du dégagement en 1860 des fondations de l'absidiole du chevet. En 1957, après une controverse entre la paroisse et la municipalité, le sanctuaire est doté d'une cloche de 277 kg offerte par des familles de la commune et baptisée Françoise-Dominique.

Le lavoir de la Fontaine

Le sol calcaire de Saint-Maxire est un des réceptacles des eaux de la Gâtine granitique. Ce phénomène naturel s’explique par le fait que le département des Deux-Sèvres est traversé par le seuil du Poitou. Celui-ci est situé entre deux massifs granitiques (armoricain et central) et deux bassins sédimentaires (parisien et aquitain). Sur la partie granitique (nord et est), un réseau dense de cours d’eau irrigue leurs bassins en surface (Sèvre Nantaise, Thouet, Cébron). Ses nappes phréatiques sont peu profondes. Ce terrain ancien offre un paysage de bocage avec peu de cultures et de forages. Sur la partie sédimentaire (sud et ouest), les nappes sont aquifères. Les terres jeunes et calcaires présentent un paysage de plaine (Niortais, bassins du Lambon et de la Dive) avec des rivières souterraines, mais peu profondes.

Le lavoir de Santé

Le hameau des Optolleries est situé à proximité d’un des itinéraires de la voie jacquaire deux-sévrienne. Il est mentionné en 1498 comme étant le village des Hospitaliers. Cet ordre monastique et chevaleresque devait offrir gîte et couvert et prodiguer des soins aux jacquets, pèlerins pérégrinant en direction de Saint-Jacques de Compostelle. La commanderie de Saint-Jean de Jérusalem de Saint-Rémy-en-Gâtine y possédait des dépendances.

Le lavoir des Habites

L’abbé Vilaine de Saint-Cyprien de Poitiers (?) fait don du prieuré Saint-Genest ou des Habites à des bénédictins qui s’appliqueront à déboiser la région. Il est rebâti par son chapelain Pierre Berlant, chanoine de la cathédrale de Poitiers, qui sera inhumé dans sa chapelle en 1668. Traditionnellement, tous les 28 août, une procession religieuse se déroulait du bourg de Saint-Maxire jusqu’aux Habites. 

Les Aventures du baron de Faeneste d’Agrippa d’Aubigné racontent le stratagème imaginé par un habitant du hameau des Habites, Mathurin Biraud de la Bithe. Ruiné par un long procès et contraint de quitter le pays pour fuir ses créanciers, il vend par-devant notaire, moyennant une somme payée comptant, à son avocat Cheneverd de Niort un terrain qui n’est autre que le cimetière de Saint-Rémy, celui jouxtant la chapelle dépendant du prieuré bénédictin. Le conte conclut par une citation : Le diable fait des noces quand on trompe son avocat.

Le parc de la Fête des bateaux fleuris

En 1942, le comité d’entraide aux prisonniers organise une kermesse et un concours de bateaux fleuris. Le comité des fêtes prend le relais en 1988. Cette manifestation est programmée le dernier dimanche de juillet. Aire de pique-nique. A voir : lavoir ruiné au pied du pont de pierres.

Localisation

France
46° 23' 57.6528" N, 0° 28' 39.0828" W
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