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Sciecq

A cinq kilomètres de Niort, face à Mursay, assis à l’extrémité d’un promontoire d’une vingtaine de mètres de haut, le bourg, situé sur la rive droite d’une vaste boucle de la Sèvre, est enserré par deux bras du fleuve. D’ailleurs, son nom latin, Scissoe aquae, est à mettre en rapport avec l’existence de quatre anciens gués. Dans cette enceinte naturelle, son paysage est la réunion en miniature de la plaine, du marais et du bocage. Saziacum est mentionné pour la première fois en 989 au sujet d’une réconciliation entre le duc d’Aquitaine Guillaume IV dit Fier à Bras et son épouse Emma, fille du comte de Blois. Afin de témoigner sa bonne foi, il lui restitue ses biens et lui donne quinze paroisses (Coulon…) et six domaines dont Sciecq. Groupé autour de son église, le village originel est constitué de la Chambre Basse, la Chambre Haute, la Chevalerie et la Poste. Les lieux-dits la Chambre Basse et la Chambre Haute rappellent l’existence du tribunal local. A l’origine, deux grands appartements avec plusieurs fenêtres à meneaux et d’immenses cheminées ont formé certainement la demeure seigneuriale. Au XIIème siècle, l’annexe d’une commanderie templière est fondée à la Chevalerie qui est transmise aux Hospitaliers en 1312, puis aux bénédictins de Maillezais. Après la Révolution, elle appartient aux Charpentier de Laurière, une famille de la vicomté d’Aulnay qui la cède aux Delaroy-Delorme. Elle est vendue morcelée aux habitants du pays. La Poste, qui n’a aucun lien avec une route postale, est le nom d’un ensemble de maisons entourant une cour fermée par un grand portail en arceau (disparu). En 1737, la paroisse dépend de l’élection de Fontenay, puis de celle de Niort en 1788. La seigneurie, composée de quatre grandes fermes, est achetée 110.100 livres en 1791 par le beau-frère du curé, Jean-Baptiste Martin-Monteuil du Petit-Prissé de Beauvoir-s.-Niort, considéré comme l’un des plus riches propriétaires du département. Le domaine est vendu par parcelles aux habitants en 1883.

Curiosités à voir :

  • Le château des Loups des années 1860 et de style néo-Renaissance
  • L’église Sainte-Marie-Madeleine en partie du XIIème siècle (choeur et abside)
  • Les moulins
  • Les deux lavoirs

L’église Sainte-Marie-Madeleine

L’église primitive dépend de l’évêché de Poitiers, du doyenné de Saint-André et de l’archiprêtré de Notre-Dame de Niort. En 1317, le trop grand diocèse de Poitiers est divisé en trois : Poitiers, Maillezais et Luçon. Le premier évêque de Maillezais est Godefroy de Pouvrelle, issu peut-être des Pouvreau de la famille seigneuriale de Sciecq. Guillaume de Sambuti convoite les paroisses de Sciecq et de Sainte-Pezenne (lieu de repos des abbés de Maillezais) qui ne lui ont pas été attribuées. Après enquête, le différend est tranché par une bulle du pape Jean XXII déclarant que les deux églises relèvent du diocèse de Poitiers. Le premier édifice est (re)construit au milieu du XIIème siècle. Le chœur et l’abside en sont aujourd’hui les seules parties les plus anciennes. Au XVème siècle, le portail occidental est rebâti et accompagné d’un balet (traces visibles sur la façade). Pendant les guerres de Religion, le clocher et la voûte de la nef sont brûlés par les huguenots (traces d’incendie sur les parements extérieurs et les pierres du mur nord calcinées indiquant un bâtiment attenant détruit par le feu). En 1678, les paroissiens Mathurin X et Marie Foueschon donnent une partie de leurs biens pour rénover l’église. Après la Révolution, la paroisse est rattachée à celle de Sainte-Pezenne. Le monument, cédé 4.000 livres en 1798, est converti en magasin à fourrages et écurie pour les chevaux de l’armée de Vendée. Restitué en 1811, mais dévasté, beaucoup de cérémonies sont alors tenues à Sainte-Pezenne. La commune vote en 1837 la somme de 100 francs afin de le réparer. L’ordonnance royale du 23 juin 1842 érige à nouveau Sciecq en paroisse. Des travaux sont entrepris : pavage du sanctuaire, réparation des fonts baptismaux, réfection du plafond en plâtre de la partie ouest de l’église, don d’une chaire par un bienfaiteur anonyme, construction de bancs et érection d’un chemin de croix. Les peintures du sanctuaire sont réalisées sous la prêtrise d’Eugène Bonnin (1867-78). Le clocher est réédifié en 1870 par l’architecte Briand en remplacement d’une tour romane carrée. Le plafond est reconstruit en 1932. Une statue de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est offerte en 1937 par le village au père Alphée Suire pour fêter ses 60 ans de sacerdoce (cf plaque commémorative). L’église est constituée d’une seule nef plafonnée de 25 m. de long, sans transept, avec abside voûtée et peinte d’une voûte céleste étoilée. Les chapiteaux de la deuxième travée supportant le clocher sont ornés d’une tête de bœuf tenue par les cornes par deux monstres, d’un centaure chassant en décochant ses flèches, d’une sirène (La Mellusine) se tressant les cheveux et accostée d’un sanglier… A droite de la porte méridionale murée, une coquille sculptée rappelle que l’édifice est placé sur une des voies secondaires jacquaires par les Deux-Sèvres.

Les deux lavoirs

Le lavoir bâti au pied du village, le long d’une large courbe de la rivière, est soumis aux variations du niveau de l’eau, si bien qu’il est équipé de treuils permettant de monter ou de descendre un tablier en bois posé sur un rail sur lequel s’installait la lavandière. Il est couvert d’un toit de tuiles et est fermé du côté ouest pour se protéger du vent et de la pluie. Pendant l’hiver, les femmes préféraient un autre lavoir non abrité, installé à 30 m. sur le chemin amont du coteau, sur une source à température constante de 11°c.

Localisation

France
46° 22' 23.232" N, 0° 28' 17.9184" W
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