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Les villages maraîchins

Cinquième zone humide d'Europe et deuxième zone humide de France après la Camargue, le Marais poitevin est né du mariage de la terre et de l’eau, du travail forcené des hommes. Sa Venise Verte d'une superficie de 98.016 ha est une véritable cathédrale de verdure avec son lacis de chemins d’eau recouverts l’été d’un grand tapis de lentilles vertes et peuplés d’une riche flore et faune sauvages. Son histoire est (ra)contée par les bateliers des embarcadères poussant avec la pigouille (longue perche) la plate (barque traditionnelle) au travers d’un rideau de frênes têtards et de peupliers et le long des cabanes, ces fermes à fleur d’eau ou accrochées à flanc de coteau. La balade se poursuit à pied, à vélo ou à cheval sur les chemins de terre. La Maison du Marais Poitevin de Coulon et le Parc ornithologique de Saint-Hilaire-la-Palud, paradis des oiseaux évoluant au cœur du marais sauvage, sont deux sites utiles à découvrir pour enrichir ses connaissances sur ce monument naturel.

L’action pour la mise en valeur éco-touristique du marais mouillé est saluée par la remise en 2010 par le ministère de l’Ecologie du label Grand Site de France au Parc Interrégional du Marais Poitevin qui rejoint ainsi d’autres sites de prestige (le Pont du Gard, la Montagne Sainte-Victoire, le Puy-de-Dôme…). La même année, il est aussi reconnu Destination européenne d’exception dans le cadre du concours EDEN piloté par la commission européenne. En 2014, le Marais poitevin retrouve le label Parc Naturel Régional.

Habité par 197.000 personnes et visité chaque année par 1.410.000 touristes, le Marais poitevin affiche une réelle dynamique en connexion avec ses ressources naturelles exceptionnelles. Avec près de 1.500 exploitations, l'agriculture est la première activité économique du marais. Elle est essentiellement tournée vers l'élevage (bovin, équin) et la culture céréalière (blé, colza, maïs, tournesol). 
Conciliant écologie et économie, une activité touristique dynamique saisonnière s'est développée avec une importante fréquentation qui se concentre sur la Venise Verte, dans le marais mouillé. 

L'habitat traditionnel maraîchin

Les habitations du Marais poitevin sont en majorité du Second Empire, époque où le marais mouillé est drainé, boisé, cultivé et pacagé. La ferme, appelée cabane, se déploie sur une motte, tout en longueur et parallèlement au canal (ex. : maison aux volets bleus et maison aux volets rouges de Coulon) ou bien se structure entre la rue et le chemin d’eau (ex. : La Garette, la Garenne d’Arçais, la Rivière et Montfaucon de St-Hilaire-la-Palud, La Belette du Vanneau).

L’architecture rurale est liée à la géologie locale. Compris sous la même toiture basse, le bâtiment est divisé en deux parties à peu près égales. Le toit à deux versants est de pente faible (15-35°) et couvert de tuiles dites tiges de botte (tuiles romaines) confectionnées avec du bri marin (argile bleuâtre à l’état naturel). Sa charpente en peuplier est habillée d’un isolant thermique naturel constitué d’un lattis de roseaux assemblés en bottes et liés aux chevrons en aulne par des liens en osier. Les murs de la maison d’habitation sont en moellons calibrés assemblés en lits réguliers et percés d’ouvertures symétriques.

La façade avant est enduite de chaux et de sable mêlés, puis blanchie alors que les bandeaux d’encadrement et les chaînages d’angle sont en pierre de taille. La maison d’exploitation en pierres calcaires apparentes est composée d’une étable accessible depuis l’habitation et surmontée d’un fenil (volume ouvert pour le stockage du foin et du blé et le séchage des haricots), puis d’un vaste hangar nommé balet aux côtés fermés par un bardage en planches de peuplier et soutenu par deux piliers en pierre de taille à base carrée et d’une hauteur de 7-8 mètres chacun (lieu de rangement de l’outillage).

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